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Base PSE1

Référentiel PSE1 — Fiche complète

Reformulation complète du référentiel PSE1 : bilans, urgences vitales, hygiène, ACEL et plus encore.

📄 9 chapitres · Référentiel officiel reformulé
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CHAPITRE 1 — ATTITUDE ET COMPORTEMENT DU SECOURISTE

Rôle du citoyen dans la sécurité civile

  • La sécurité civile est l'affaire de tous : chaque citoyen peut être premier maillon de la chaîne de secours
  • La loi 2020-840 du 3 juillet 2020 fonde le cadre législatif de la sécurité civile
  • Le secouriste s'inscrit dans la chaîne d'aide : protéger → alerter → secourir

Principes fondamentaux du secouriste

  • Protéger : supprimer ou baliser les dangers pour soi, autrui, la victime
  • Accéder à la victime en sécurité
  • Examiner : réaliser un bilan rapide avant tout geste
  • Alerter ou faire alerter les secours professionnels (15, 18, 112)
  • Secourir : appliquer les gestes adaptés en attendant les secours
  • Surveiller : observer l'évolution de l'état de la victime et alerter si aggravation

Attitude professionnelle

  • Adopter une posture calme, posée, rassurante en toute circonstance
  • Respecter la dignité, l'intimité et les croyances de la victime
  • Respecter le secret professionnel : aucune information sur la victime ne doit être divulguée
  • Se présenter, expliquer ses actes à la victime tout au long de la prise en charge
  • En cas d'intervention sur enfant : prévenir les parents/tuteurs ou agir dans l'intérêt supérieur de l'enfant

Abord relationnel

  • Adopter une communication verbale et non verbale adaptée (ton, posture, regard)
  • Se mettre au niveau de la victime (s'accroupir si elle est au sol)
  • Utiliser un vocabulaire accessible, éviter le jargon technique devant la victime

Préservation de la santé mentale du secouriste

  • Le secouriste est exposé au stress aigu et chronique, pouvant évoluer vers :
    • Réaction de stress aigu (RSA) : immédiate, transitoire
    • Trouble de stress aigu (TSA) : < 1 mois après l'événement
    • Trouble de stress post-traumatique (TSPT) : > 1 mois, persistant
    • Burn-out : épuisement professionnel progressif
  • Techniques de stabilisation psycho-physiologique utilisables par le secouriste sur lui-même :
    • Respiration contrôlée : inspiration lente par le nez, expiration lente par la bouche, répéter plusieurs fois
    • Focalisation sensorielle : concentrer l'attention sur 5 éléments vus, 4 entendus, 3 touchés, 2 sentis, 1 goûté
    • Défocalisation : déplacer volontairement l'attention vers un sujet neutre
  • Écoute active (4R) : Recevoir (accueillir sans juger), Reformuler (vérifier la compréhension), Refléter (nommer les émotions), Rebondir (poser des questions ouvertes)

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CHAPITRE 2 — BILANS

Les 4 regards (bilan circonstanciel)

  1. Sécurité : la scène est-elle sûre ? Risques pour soi, la victime, les tiers ?
  2. Mécanisme : que s'est-il passé ? Cinétique, chute, écrasement, agression ?
  3. Nombre de victimes : une seule ou plusieurs ? Nécessite-t-on des renforts ?
  4. Ressources : équipements disponibles, témoins, premiers intervenants ?

Menaces vitales immédiates (à identifier dès l'abord)

  • Hémorragie externe massive → compression immédiate
  • Obstruction des voies aériennes (OVA) → désobstruction immédiate
  • Arrêt cardiaque (AC) → RCP immédiate + DAE

Bilan primaire (examen rapide)

  • Évaluer la conscience : stimulation verbale et physique (appeler, secouer doucement l'épaule)
  • Évaluer la respiration : regarder/écouter/sentir ≤ 10 secondes
  • Évaluer la circulation : pouls carotidien (ou brachial chez nourrisson), signes de choc, hémorragie

Bilan secondaire (interrogatoire et examen)

  • Interrogatoire MHTAF :
    • M — Médicaments en cours
    • H — Histoire médicale (antécédents), Hospitalisation récente
    • T — Traitements
    • A — Allergies
    • F — Facteurs de risque (tabac, surpoids, diabète, hypertension…)
  • Interrogatoire PQRST pour la douleur :
    • P — Provocation/soulagement (ce qui déclenche ou calme)
    • Q — Qualité (brûlure, serrement, élancement…)
    • R — Radiation (irradiation vers bras gauche, mâchoire…)
    • S — Sévérité (score de douleur)
    • T — Temporalité (début, durée, évolution)

Paramètres vitaux à mesurer

ParamètreValeurs normales adulteOutil/technique
Fréquence respiratoire (FR)12–20 /minObservation mouvements thoraciques 1 min
SpO2 (saturation O2)≥ 95%Oxymètre de pouls (doigt propre, chaud)
Fréquence cardiaque (FC)60–100 /minPouls radial ou oxymètre
Pression artérielle (PA)≤ 140/90 mmHgTensiomètre manuel ou automatique
Glycémie capillaire0,7–1,1 g/LGlucomètre (piqûre pulpe doigt)
Température36,5–37,5 °CThermomètre (axillaire, auriculaire, rectal)
ECGRythme sinusalMonitor/défibrillateur avec électrodes

Scores d'évaluation

  • Score douleur :
    • EVS (échelle verbale simple) : aucune / légère / modérée / intense / insupportable
    • EN (échelle numérique) : 0 (aucune) à 10 (insupportable)
    • EVA (échelle visuelle analogique) : réglette
    • EVENDOL : pour nourrisson/enfant non verbal (comportement, mimique, consolabilité)
  • Score FAST (AVC) : Face (paralysie) / Arm (faiblesse bras) / Speech (trouble parole) / Time (noter heure)
  • Règle de Wallace (brûlures) : chaque région = 9% de la surface corporelle totale (membre supérieur = 9%, membre inférieur = 18%, tronc avant = 18%, tronc arrière = 18%, tête = 9%, périnée = 1%)
    • Règle de Lund et Browder : pour enfant (tête plus grande proportionnellement)
  • Score de Glasgow (GCS) : ouverture yeux (4), réponse verbale (5), réponse motrice (6) → max 15, min 3
    • GCS ≤ 8 : coma
    • EVDA (version simplifiée) : Éveillé / Verbal (répond à la voix) / Douleur (répond à la stimulation) / Absent (aucune réponse)

Retournement de la victime

À 2 secouristes :

  • S1 maintien de la tête en position neutre
  • S2 : place un bras contre le corps, met l'autre bras en croix, croise la cheville opposée
  • Sur ordre de S1 : rouler en bloc vers S1, placer en décubitus dorsal
  • S1 maintient la tête tout au long du mouvement

À 1 secouriste :

  • Placer le bras près de la tête dans l'axe, l'autre bras perpendiculaire au corps
  • Croiser la cheville éloignée sur la cheville proche
  • Saisir l'épaule et la hanche loin du secouriste, tirer vers soi d'un bloc

Transmission du bilan

  • Identité de l'intervenant et du service
  • Lieu précis de l'intervention
  • Mécanisme de l'accident
  • Nombre et état des victimes (détresses identifiées)
  • Gestes déjà réalisés
  • Demande d'appui ou de moyens supplémentaires

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⚠️ Note PSE1 : cette fiche couvre la protection générale et les dégagements d'urgence. La sécurité sur intervention particulière est traitée en PSE2.

CHAPITRE 3 — PROTECTION ET SÉCURITÉ

Équipements de protection individuelle (EPI)

  • Gants à usage unique non stériles (ou stériles si plaie)
  • Masque chirurgical ou FFP2 selon le risque
  • Lunettes de protection, surblouse si nécessaire
  • Gilet haute visibilité pour les interventions routières
  • Casque sur intervention à risque de chute

Risques et conduites spécifiques

Risque électrique :

  • Basse tension (domestique) : couper l'alimentation au disjoncteur/compteur avant de toucher
  • Haute tension (lignes HT, caténaire SNCF) : ne jamais approcher — attendre l'intervention de EDF/SNCF/gestionnaire réseau
  • Foudre : la victime d'électrisation par foudre ne présente aucun danger électrique → toucher immédiatement et prendre en charge

Risque routier :

  • Allumer les feux de détresse, baliser la zone à distance suffisante (en amont)
  • Porter le gilet haute visibilité avant de sortir du véhicule
  • Se positionner hors de la trajectoire des véhicules

Monoxyde de carbone (CO) :

  • Gaz inodore, incolore, potentiellement mortel
  • Ne jamais entrer dans le local sans EPI adaptés (appareil respiratoire isolant)
  • Faire évacuer et aérer le local, appeler les pompiers

Incendie / gaz / substances dangereuses :

  • Ne pas s'engager dans une zone enfumée sans équipement approprié
  • Repérer les pictogrammes de danger (SGH) sur les emballages
  • Appliquer les consignes du plan ORSEC

Vêtements en feu :

  • Faire tomber la victime, étouffer les flammes par roulement au sol ou couverture
  • Ne jamais retirer les vêtements brûlés collés à la peau

Dégagements d'urgence

  • Indiqué uniquement si danger vital immédiat et non supprimable
  • Techniques selon situation :
    • Saisie par les chevilles : tirer les pieds en conservant l'axe tête-cou-tronc
    • Saisie par les poignets : tirer les bras tendus dans l'axe
    • Saisie sous les aisselles : mains croisées sur le sternum, tirer en reculant
    • Sortie d'un véhicule : une main sous le menton, l'autre sur l'occiput, pivoter-tirer sans torsion du rachis
    • Enfant : saisir sous les aisselles, maintenir la tête contre le thorax du secouriste
    • Relais : passage de relais entre secouristes pour poursuivre le dégagement

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CHAPITRE 4 — HYGIÈNE ET ASEPSIE

Risque infectieux

  • AES (Accident d'Exposition au Sang) : tout contact peau lésée/muqueuse avec sang ou liquide biologique
  • Agents transmissibles : VIH, VHB (hépatite B), VHC (hépatite C)
  • CAT si plaie (coupure, piqûre) :

1. Ne pas faire saigner, ne pas sucer

2. Laver immédiatement à l'eau et au savon 5 minutes

3. Rincer abondamment

4. Désinfecter : Dakin ou solution chlorée 5 minutes

5. Déclarer immédiatement à un médecin/service d'urgences (dans les 4 heures pour les traitements prophylactiques anti-VIH)

  • CAT si projection sur muqueuse (œil, bouche) :

1. Rincer abondamment à l'eau ou sérum physiologique pendant au moins 5 minutes

2. Consulter un médecin rapidement

Précautions standard

  • Applicables avec toute victime, quel que soit le statut sérologique présumé
  • Lavage ou friction hydroalcoolique des mains avant et après chaque soin
  • Port de gants dès que contact avec sang ou liquide biologique prévisible
  • Éliminer immédiatement les objets piquants/coupants dans le conteneur DASRI prévu
  • Protéger les muqueuses et la peau lésée (masque, lunettes, surblouse)

Précautions complémentaires (contact, air, gouttelettes)

  • Contact : surblouse, gants (maladies cutanées, diarrhées infectieuses)
  • Gouttelettes : masque chirurgical à 1 mètre (grippe, méningite…)
  • Air : masque FFP2 obligatoire (tuberculose, rougeole, varicelle…)

Ordre de mise en place des EPI

  1. Surblouse
  2. Masque
  3. Lunettes
  4. Gants

Ordre de retrait des EPI

  1. Gants (en les retournant sur eux-mêmes)
  2. Lunettes (par les branches)
  3. Surblouse (en la roulant vers l'intérieur)
  4. Masque (par les élastiques, sans toucher la face avant)
  5. Friction hydroalcoolique des mains

Friction et lavage des mains

  • Friction hydroalcoolique (FHA) : méthode de référence si mains non souillées
    • 3 ml de SHA dans les paumes → frotter paumes / dos des mains / espaces interdigitaux / pouces / bout des doigts / poignets → séchage à l'air (≥ 30 secondes)
  • Lavage simple à l'eau et au savon : si mains visiblement souillées
    • Mouiller, savonner, frotter 30–60 secondes selon les 7 étapes de l'OMS, rincer, sécher avec essuie-mains à usage unique

Gants stériles (procédure d'enfilage)

  • Ouvrir l'emballage sans toucher l'intérieur
  • Saisir le premier gant par le bord replié (intérieur)
  • Enfiler, puis saisir le second gant en glissant les doigts gantés sous le bord replié
  • Ne jamais toucher la face externe des gants stériles avec une main non stérile

Nettoyage du véhicule de secours

  • Nettoyage simplifié (après chaque intervention) : déchets → DASRI, surfaces contact → décontamination
  • Nettoyage périodique (hebdomadaire ou après souillure importante) : nettoyage complet de l'habitacle
  • Nettoyage approfondi (mensuel ou selon protocole) : démontage des rangements, désinfection totale
  • Technique des 2 seaux :
    • Seau 1 : solution détergente-désinfectante
    • Seau 2 : eau claire pour rinçage
    • Changer les solutions selon consignes

Retrait des gants

  • Pincer l'extérieur du premier gant au niveau du poignet et le retourner
  • Glisser les doigts non gantés à l'intérieur du second gant, le retourner autour du premier
  • Éliminer immédiatement dans le conteneur approprié

DASRI

  • Déchets tranchants/piquants : conteneur rigide homologué, jamais dans poubelle ordinaire
  • Déchets biologiques mous : sac jaune DASRI
  • Ne jamais recapuchonner une aiguille

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CHAPITRE 5 — URGENCES VITALES

Arrêt cardiaque (AC)

Chez l'adulte :

  • Confirmer : inconscience + absence de respiration normale (≤ 10 sec d'évaluation)
  • Alerter le 15/18/112 (ou faire alerter)
  • Commencer immédiatement la RCP :
    • 30 compressions thoraciques : talon de la main dominante sur le milieu du sternum, main non dominante croisée par-dessus, coudes verrouillés, bras perpendiculaires, dépression de 5–6 cm, fréquence 100–120/min, libérer la pression totalement entre chaque compression sans décoller les mains
    • 2 insufflations : LVA (bascule tête–élévation menton ou si trauma : subluxation mandibule), pince le nez, bouche contre bouche ou masque, insufflation en 1 seconde, vérifier soulèvement thoracique
    • Alterner 30:2 sans interruption jusqu'à arrivée du DAE ou des secours
  • DAE dès disponible :
    • Allumer, coller électrodes (une sous clavicule droite, une sous aisselle gauche), s'éloigner pour analyse, appuyer sur le bouton choc si indiqué (DSA) ou laisser faire (DEA)
    • Reprendre immédiatement la RCP après le choc
    • Relais toutes les 2 minutes

Chez l'enfant (1–8 ans environ) :

  • Débuter par 5 insufflations initiales, puis RCP 15:2
  • Compressions : talon d'une seule main, dépression d'environ 5 cm
  • DAE pédiatrique ou mode pédiatrique si disponible (électrodes pédiatriques)
  • Si seul et pas de témoin : 1 minute de RCP avant d'alerter

Chez le nourrisson (< 1 an) :

  • Débuter par 5 insufflations initiales (bouche sur bouche + nez)
  • Compressions : 2 doigts (index + majeur) sur le sternum ou technique des 2 pouces (encercler le thorax)
  • Dépression : environ 4 cm, fréquence 100–120/min
  • RCP 15:2

Détresse circulatoire

  • Signes : peau froide/pâle/marbrée, pouls rapide et faible, hypotension, confusion, soif intense
  • Position : allonger + élever les membres inférieurs (sauf suspicion de traumatisme rachis/bassin/pelvis)
  • Oxygène, maintenir chaleur, surveiller (FC, PA, SpO2, conscience)
  • Ne rien donner à boire/manger

Détresse respiratoire

  • Signes : FR > 25 ou < 12/min, SpO2 < 95%, tirage, cyanose, dyspnée, position forcée
  • Position : demi-assise ou assise selon confort et tolérance
  • Oxygène : masque haute concentration (MHC) 15 l/min
  • Surveiller FR et SpO2 en continu

Détresse neurologique

  • Signes : altération de la conscience (Glasgow ≤ 14), agitation inexpliquée, convulsions, déficit moteur/sensitif, asymétrie pupillaire
  • Position adaptée à l'état (PLS si inconsciente et respiration présente)
  • Glycémie capillaire systématique
  • Oxygène si besoin, surveillance neurologique rapprochée

Hémorragie externe

  1. Compression directe immédiate : appliquer une pression ferme avec la paume (gant) sur la plaie
  2. Pansement compressif : maintenir la compression avec un bandage serré si hémorragie continue
  3. Garrot si :
    • La compression directe est impossible (amputation, CE dans la plaie)
    • La compression est inefficace
    • L'hémorragie est massive et met en jeu la vie rapidement
    • Procédure garrot :
    • Placer à 5–7 cm au-dessus de la plaie, entre la plaie et la racine du membre
    • Jamais sur une articulation
    • Serrer jusqu'à arrêt du saignement
    • Inscrire l'heure de pose sur le garrot (stylo ou scotch visible)
    • Ne jamais desserrer
  1. Gaze hémostatique : si hémorragie de jonction (inguinale, axillaire, cou) ou plaie profonde inaccessible au garrot
    • Tasser la gaze profondément dans la plaie, comprimer fermement 3 minutes minimum

Hémorragies extériorisées

  • Épistaxis (saignement de nez) : assis, tête légèrement penchée en avant, pincer les narines 10 min, ne pas moucher, glace sur nuque, alerter si persistance
  • Hémoptysie (sang par la bouche venant des poumons) : position demi-assise côté atteint, alerter
  • Hématurie (sang dans urines) : allonger, surveiller, alerter
  • Hématémèse (vomissement de sang) : position latérale de sécurité, alerter
  • Rectorragie/méléna : allonger, surveiller, alerter
  • Saignement gynécologique : allonger jambes fléchies, protection locale, alerter
  • Otorragie (sang par l'oreille) : signe de traumatisme crânien grave → ne pas tamponner

Obstruction des voies aériennes (OVA)

OVA partielle (toux efficace) :

  • Encourager la victime à tousser
  • Rester à ses côtés, surveiller
  • Ne rien faire d'autre tant que la toux est efficace

OVA complète chez l'adulte et l'enfant > 1 an (conscience conservée) :

  1. 5 claques dans le dos : pencher en avant, frapper avec la paume entre les omoplates
  2. 5 compressions abdominales (Heimlich) : se placer derrière, poing sous le xiphoïde, main par-dessus, tirer fortement en arrière et vers le haut
  3. Alterner jusqu'à désobstruction ou perte de conscience
  4. Si perte de conscience : allonger, alerter, RCP avec vérification de la bouche avant chaque insufflation

OVA complète chez le nourrisson (< 1 an) :

  1. 5 claques dans le dos : allongé face vers le bas sur l'avant-bras, tête plus basse que le tronc
  2. 5 compressions thoraciques (pas abdominales) : retourner sur le dos, 2 doigts sur la partie inférieure du sternum
  3. Alterner jusqu'à désobstruction

OVA chez la femme enceinte ou obèse :

  • Compressions thoraciques à la place des compressions abdominales (même position qu'en RCP)

Position Latérale de Sécurité (PLS)

PLS à 2 secouristes :

  • S1 : maintien de la tête
  • S2 : bras proche droit, jambe lointaine fléchie croisée, tirage épaule + hanche, stabilisation par la cuisse fléchie et le bras tendu au sol
  • Vérifier ouverture des voies aériennes

PLS à 1 secouriste :

  • Bras le plus proche fléchi à 90°, paume vers le haut
  • Autre bras sur la joue côté secouriste
  • Jambe lointaine fléchie (pied à plat)
  • Tirer doucement sur la jambe fléchie pour faire basculer
  • Stabiliser avec la cuisse fléchie et le bras
  • Vérifier LVA

Oxygénothérapie

  • Inhalation simple (oxygène respiré) :
    • Masque haute concentration (MHC) : 15 l/min — détresses respiratoire, circulatoire, neurologique, intoxication CO
    • Lunettes à oxygène : 1–6 l/min — insuffisance respiratoire chronique (IRC) pour éviter dépression hypoxique
  • Assistance ventilatoire (insufflation) :
    • Masque ballon (BVM) avec réservoir : relier au débit 10–15 l/min pour obtenir une FiO2 proche de 100%
    • Adulte : fréquence 10–12 insufflations/min
    • Enfant : 12–20/min
    • Nourrisson : 20–30/min
    • Nouveau-né : 40/min
  • Bouteille d'O2 : vérifier pression (≥ 100 bars avant utilisation), ouvrir robinet complètement puis reculer d'un quart, noter la date d'ouverture

Aspiration des sécrétions

  • Adulte : sonde 18–26 Ch, dépression 350–500 mmHg, durée ≤ 10 secondes
  • Enfant : sonde 8–12 Ch
  • Nourrisson : sonde 6–8 Ch
  • Nouveau-né : sonde 4–6 Ch, dépression 120–150 mmHg, durée ≤ 5 secondes
  • Ne jamais dépasser la durée limite pour éviter hypoxie
  • Introduire la sonde sans aspirer, aspirer en retirant par mouvements rotatifs

Canule oro-pharyngée (Guedel)

  • Indication : victime inconsciente sans réflexe nauséeux (pour maintenir les voies aériennes ouvertes pendant la RCP)
  • Choisir la taille : distance coin de la bouche – lobe de l'oreille
  • Introduction : la concavité vers le palais (courbure inversée chez l'adulte), puis rotation de 180° en avançant, ou introduction directement en suivant la langue avec un abaisse-langue chez l'enfant/nourrisson
  • Ne jamais utiliser si réflexe nauséeux présent (risque de vomissements)

Hypothermie — Réchauffement

  • Envelopper dans des couvertures sèches
  • Isoler du sol froid
  • Abriter du vent
  • Couverture chauffante à 40–42 °C si disponible
  • Bouillotes ou poches chaudes sur les grands vaisseaux (aisselles, aines, nuque)
  • Ne jamais frictionner les membres (risque de fibrillation ventriculaire)

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⚠️ Note PSE1 : seule la section Noyade est au programme PSE1. Les autres atteintes circonstancielles sont traitées en PSE2.

CHAPITRE 7 — ATTEINTES CIRCONSTANCIELLES

Accident électrique

  • Basse tension : couper le courant au disjoncteur/compteur avant tout contact
  • Haute tension (> 1000 V, lignes aériennes, caténaires) :
    • Ne jamais approcher
    • Appeler EDF / SNCF / gestionnaire réseau
    • Attendre la mise hors tension confirmée
  • Foudre :
    • La victime ne présente aucun risque électrique résiduel → s'approcher immédiatement
    • La victime est électrisée + polytraumatisée + blasté + brûlée + en hypothermie potentielle
    • Traiter les détresses dans l'ordre
    • Règles de sécurité pour les intervenants : porter un casque, garder une distance > 3 m entre intervenants, avancer à petits pas, ne pas se tenir sous un arbre ou en hauteur

Plongée (accidents de décompression)

  • Administrer O2 à 15 l/min au MHC de façon continue
  • Position de confort
  • Réhydrater si possible (pas en cas de troubles de la déglutition)
  • Évacuer en urgence vers un service spécialisé (caisson hyperbare)
  • Recueillir les informations sur la plongée : profondeur, durée, paliers effectués

Accouchement inopiné

Phases du travail :

  1. Travail : contractions régulières ≥ 3/10 min, douleur augmentante
  2. Expulsion : envie de pousser, tête visible à la vulve
  3. Délivrance : expulsion du placenta (dans les 30 min)

Bilan spécifique : terme (semaines d'aménorrhée), nombre de grossesses/accouchements, rupture de la poche des eaux, durée et fréquence des contractions, envie de pousser

Procédure d'accouchement :

  • Allonger la mère, dénuder, position gynécologique si possible
  • Dès la tête visible : encourager à pousser à chaque contraction
  • Quand la tête sort : ralentir en posant délicatement la paume sur la tête pour éviter l'expulsion brutale
  • Accompagner la rotation naturelle de la tête (elle se tourne spontanément d'un côté)
  • Vérifier la présence d'un circulaire du cordon autour du cou :
    • Si lâche : faire passer le cordon par-dessus la tête
    • Si serré et court : clamper et sectionner avant la poursuite de l'expulsion
  • Saisir le bébé sous les aisselles, le poser sur le ventre de la mère côté bébé

Prise en charge du nouveau-né :

  • Si bonne santé (cri, teint rosé, tonique) :
    • Clamper le cordon > 1 minute après la naissance
    • Sécher, couvrir contre la peau maternelle
  • Si mauvaise santé (pâle, hypotonique, ne crie pas) :
    • Clamper dès que possible
    • Libérer les voies aériennes, aspirer si sécrétions
    • Stimuler en frottant le dos
    • 40 insufflations/min si apnée
    • Si FC < 60/min → RCP néonatale : 3 compressions : 1 insufflation à 120 cycles/min
    • Réguler la FC :
    • FC < 60 → RCP
    • FC 60–100 → insufflations sans compressions
    • FC > 100 → surveiller et maintenir chaud

Cordon ombilical :

  • 1er clamp à 10–15 cm de l'ombilic
  • Vider le sang entre les 2 clamps en pressant
  • 2ème clamp à 3–5 cm plus loin (vers le bébé)
  • Couper entre les 2 clamps avec ciseaux stériles
  • Couvrir l'ombilic d'une compresse stérile

Délivrance (expulsion du placenta) :

  • Laisser le placenta sortir naturellement sans tirer sur le cordon
  • Recueillir le placenta dans un sac propre (accompagnera la mère à l'hôpital)
  • Vérifier l'absence d'hémorragie après la délivrance

Coup de chaleur et hyperthermies

TypeSignesCAT
Crampes de chaleurCrampes musculaires après effort, sueursRepos, hydratation, étirer les muscles
InsolationCéphalées, nausées, peau rouge et chaude, pas de sueursSoustraire à la chaleur, allonger à l'ombre, réhydrater
Coup de chaleurT° > 40°C, peau brûlante SANS sueur, confusion, pouvant évoluer vers PCUrgence absolue : soustraire, refroidir eau tempérée + ventiler + glace gros vaisseaux, objectif T° < 39,4°C ; bain eau fraîche si avis médical
HME (hyperthermie maligne à l'effort)Idem coup de chaleur + contexte sportif intenseIdem coup de chaleur

Compression de membre / Crush syndrome

  • Indiqué si membre comprimé depuis > 15–20 min (par un éboulement, débris…)
  • NE PAS dégager sans équipe médicale (risque d'hyperkaliémie et d'arrêt cardiaque à la libération)
  • Exceptions : si équipe médicale impossible à attendre ET/OU hémorragie massive → poser un garrot avant de dégager
  • Surveiller en attendant les renforts

Gelures

4 degrés :

  • Degré 1 : érythème, pâleur, fourmillements → récupération sans séquelles
  • Degré 2 : phlyctènes (cloques) remplie de liquide clair → récupération possible
  • Degré 3 : phlyctènes hémorragiques, nécrose partielle
  • Degré 4 : nécrose totale, gangrène potentielle

Conduite à tenir :

  • Soustraire du froid, rentrer dans un abri
  • Retirer les bijoux, vêtements mouillés (couper si collés)
  • Si gelure mineure : réchauffer en contact peau contre peau 10 minutes
  • Si pas de risque de réexposition : bain d'eau chaude 36–39°C (jamais > 39°C) pendant 20–30 minutes
  • Ne jamais frictionner les gelures, jamais de chaleur sèche (bouillotte directe, radiateur)
  • Pansement de gaze si présence de phlyctènes (ne pas percer)
  • Si risque de réexposition ou centre médical proche : ne pas réchauffer, couvrir et transporter

Hypothermie

StadeT° corporelleSignesTraitement
Légère35–32 °CFrissons intenses, peau froideRéchauffement passif (envelopper, abriter)
Modérée32–28 °CConfusion, délire, cessation des frissonsRéchauffement actif externe (couvertures chauffantes, chaleur externe douce)
Sévère28–24 °CPerte de conscienceRéchauffement actif interne (milieu hospitalier)
Grave< 24 °CArrêt cardiaque apparentRéchauffement au bloc — "un patient froid n'est mort qu'une fois réchauffé"

RCP en cas d'hypothermie :

  • Rechercher des signes de vie pendant 1 minute entière avant de déclarer l'AC
  • Vérifier la rigidité thoracique (si thorax rigide → impossibilité de comprimer)
  • En cas d'AC → RCP
  • Si T° < 30°C : maximum 3 chocs électriques jusqu'à réchauffement
  • RCP uniquement si les conditions de sécurité le permettent (pas en avalanche par ex. sans extraction préalable)

Intoxications

  • Ne jamais faire vomir
  • Identifier le toxique (récipient, étiquette, heure, dose ingérée)
  • Position selon l'état de conscience (allongée, PLS si inconsciente)
  • Opiacés (morphine, héroïne, fentanyl, patchs) :
    • Signes : FR < 12/min, myosis serré, somnolence, PC
    • CAT : O2, retirer les patchs si présents, surveiller les voies aériennes
    • Naloxone nasale : si disponible et chez victime ≥ 14 ans → 1 dose dans une narine, répéter à 2–3 minutes si pas d'amélioration
  • Environnement toxique (CO, gaz) :
    • Se protéger avant d'intervenir
    • Extraire rapidement la victime en apnée ou avec appareil respiratoire
    • Aérer le local
    • O2 MHC 15 l/min à la victime
    • Alerter les sapeurs-pompiers

Noyade

  • Si victime accessible dans l'eau : tendre une perche, lancer une bouée, ne pas se jeter à l'eau sans formation sauvetage aquatique
  • À la sortie de l'eau :
    • Si inconsciente, ne respire pas → RCP immédiate
    • 5 insufflations initiales avant les compressions (priorité à l'oxygénation)
    • Si seul et inconscient sans signes de vie → 1 minute de RCP avant alerter
    • Sécher le thorax avant d'appliquer les électrodes du DAE
    • Pas de désobstruction abdominale systématique (Heimlich n'est pas indiqué)
    • En cas de régurgitations : tourner la victime sur le côté + aspiration des sécrétions
    • Suspicion de trauma rachidien si plongeon, chute ou accident de glisse nautique

Pendaison / Strangulation

  • Soutenir immédiatement le corps pour relâcher la tension sur le cou
  • Desserrer ou couper le lien/cordon de strangulation
  • Allonger en limitant les mouvements du rachis cervical
  • Stabiliser la tête en position neutre
  • Réaliser un bilan complet (AC, détresse neuro, hémorragie)
  • Traiter les détresses

Piqûres et morsures

  • Insecte (abeille, guêpe) :
    • Retirer le dard sans écraser la poche à venin (gratter latéralement)
    • Piqûre dans la bouche/gorge : glace à l'extérieur, alerter (risque d'œdème des voies aériennes)
    • Signe d'allergie → AIA
  • Méduse :
    • Enlever les filaments avec une pince ou gant (ne pas toucher à mains nues)
    • Appliquer du vinaigre ou de l'eau de mer pour neutraliser les nématocystes
    • Eau chaude sur la zone douloureuse
  • Poissons venimeux (vives, rascasses) :
    • Tremper le membre dans eau chaude (42–45°C) pendant 30 minutes (chaleur détruit le venin)
  • Serpent :
    • Ne pas aspirer, ne pas faire de garrot
    • Allonger la victime, immobiliser le membre mordu
    • Laver à l'eau et au savon, pansement propre
    • Alerter, transporter vers hôpital (antivenin)
  • Tique :
    • Utiliser un tire-tique ou pince fine sans corps gras ni alcool
    • Tourner sans arracher, ramener la tête
    • Désinfecter la plaie, noter la date de morsure
  • Morsure animale / chien errant :
    • Laver abondamment à l'eau et au savon (5–10 min)
    • Désinfecter, pansement
    • Consulter un médecin (risque de rage pour les morsures d'animaux errants ou sauvages)

Syndrome du harnais (suspension)

  • Victime suspendue par un harnais (travaux en hauteur, alpinisme)
  • Risque de choc par redistribution sanguine lors de la libération
  • Dégager en position horizontale (ne pas mettre debout ni assis brutalement)
  • Desserrer le harnais progressivement après la mise à l'horizontale
  • O2, surveiller l'hypothermie, surveillance rapprochée

Explosion / Blast

  • 4 types de lésions :
    • Blast primaire : onde de surpression (atteintes des organes creux : poumons, oreilles, intestin)
    • Blast secondaire : projection de fragments (blessures pénétrantes)
    • Blast tertiaire : projection du corps (fractures, traumatismes fermés)
    • Blast quaternaire : brûlures, intoxication, écrasement
  • Toute personne présente dans la zone d'explosion doit être considérée comme victime de blast
  • Bilan systématique complet même si la victime paraît indemne
  • Traiter les détresses vitales en priorité

Avalanche

  • Poche d'air : principal élément de survie (l'asphyxie est la 1ère cause de décès)
  • Victimes exposées à : asphyxie, traumatismes (choc), hypothermie
  • CAT après dégagement :
    • Stabiliser le rachis cervical, libérer les voies aériennes
    • O2 si disponible
    • Bilan des traumatismes
    • Réchauffement (envelopper, isoler du sol)
    • Noter l'heure d'ensevelissement et l'heure de dégagement

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⚠️ Note PSE1 : brûlures, plaies, traumatismes des membres, attelles, écharpes, retrait du casque. Les traumatismes graves (rachis, bassin, crâne, thorax) sont traités en PSE2.

CHAPITRE 8 — TRAUMATISMES

Brûlures

Évaluation gravité :

  • Surface brûlée (Règle de Wallace)
  • Profondeur (1er, 2ème, 3ème degré)
  • Localisation (visage, mains, périnée, circulaire)
  • Âge et terrain de la victime

Brûlure thermique simple (< 20% surface adulte, < 10% enfant/nourrisson, consciente, sans détresse circulatoire) :

  • Refroidir à l'eau courante tempérée (15–25°C) en ruisseau pendant jusqu'à disparition de la douleur (jusqu'à 30 min maximum)
  • Ne pas appliquer de glace, ni beurre, ni produits gras
  • Couvrir d'un pansement stérile humidifié ou film plastique

Brûlure thermique grave :

  • Arrêter la combustion (arrêt du contact, étouffer les flammes)
  • Refroidir 10–20 minutes à l'eau tempérée si surface ≤ 20% et sans détresse circulatoire
  • Couvrir de film plastique alimentaire ou pansement stérile
  • Couverture isotherme (prévenir l'hypothermie)

Brûlure chimique :

  • Retirer vêtements et chaussures contaminés (gants)
  • Rincer abondamment à l'eau 20 minutes minimum (ne pas neutraliser chimiquement)
  • Brûlure oculaire chimique : rincer abondamment à l'eau ou sérum physiologique, tenir la paupière ouverte

Ingestion de produit caustique :

  • Position latérale
  • Ne jamais faire vomir (reflux aggrave les brûlures)
  • Rien à boire

Inhalation de fumées/vapeurs :

  • Surveiller la respiration attentivement (les signes peuvent survenir plusieurs heures plus tard)

Plaies

Plaie simple :

  • Nettoyer à l'eau courante et au savon 5 minutes
  • Rincer abondamment
  • Pansement stérile sec
  • Vérifier la vaccination antitétanique

Plaie grave (profonde, délabrante, souillée, sur visage/mains/articulaire, pénétrante, CE) :

  • Ne pas retirer un corps étranger planté (risque de majorer le saignement)
  • Pansement humidifié autour du CE sans le mobiliser
  • Plaie thoracique soufflante : ne pas occlure hermétiquement (pansement non occlusif ou "3 côtés") ; si dispositif spécifique non disponible, laisser à l'air et surveiller
  • Traumatisme dentaire :
    • Rincer la dent sous l'eau
    • Compression de la gencive avec une compresse
    • Conserver la dent dans du lait, du sérum physiologique, ou dans la joue (salive)
    • Consulter un chirurgien-dentiste en urgence absolue (réimplantation possible dans les 30 min)

Traumatisme abdominal

  • Ne jamais retirer un CE pénétrant abdominal
  • Allonger, jambes fléchies (détend la paroi abdominale)
  • Éviscération : ne jamais remettre les viscères en place, couvrir d'un champ stérile humidifié sans comprimer
  • Femme enceinte victime de traumatisme violent → urgences obstétricales

Traumatisme du bassin

  • Allonger strictement (ne pas mobiliser)
  • Dénuder le bassin pour l'évaluation
  • Si détresse circulatoire : mettre en place une contention pelvienne (ceinture pelvienne ou drap noué) au niveau des grands trochanters (jamais au-dessus des crêtes iliaques)
  • MID, surveiller

Traumatisme crânien

  • Signes de gravité : hématome en lunettes (fracture base du crâne), otorragie (sang par l'oreille), asymétrie pupillaire, intervalle libre (perte de connaissance initiale → retour à la normale → dégradation secondaire)
  • Maintenir la tête en position neutre en limitant les mobilisations
  • Retirer le casque (si présent) à 2 intervenants
  • O2 si besoin
  • Immobilisation sur MID si traumatisme à haute cinétique
  • Surveiller conscience (EVDA/Glasgow), pupilles, respiration, hémorragies

Traumatisme du rachis cervical et dorsolombaire

Critères de mise en place de la restriction de mobilisation (immobilisation) :

  • Victime non examinable (inconsciente, agitée, intoxiquée)
  • Signes évocateurs d'atteinte du rachis ou de la moelle (douleur, déficit sensitif/moteur, fourmillements)
  • Traumatisme à haute cinétique (chute > 3 m, AVP > 60 km/h, tonneau, chute moto…) ET âge > 65 ans ou antécédents rachidiens

Procédure de restriction de mobilisation :

  1. Maintien manuel de la tête (MTN) : mains de part et d'autre de la tête, coudes au sol si possible, maintenir jusqu'à la fin de la procédure
  2. Blocs de tête + sangles : en l'absence de MID
  3. Collier cervical :
    • Mesurer la hauteur : distance menton–sternum
    • Poser collier adapté (taille correcte)
    • Resserrer à chaque mobilisation de la victime
    • Desserrer lors du positionnement sur MID, resserrer ensuite
    • CI : OVA, déformation préexistante du rachis

Dispositifs d'immobilisation :

  • ACT (attelle cervico-thoracique) :
    • Pour extraction d'un véhicule ou d'un espace confiné, à 3 secouristes
    • Sangles thoraciques d'abord, puis sangles des cuisses, puis blocs de tête
    • Retirer sur MID avant rigidification complète
    • Utilisation limitée à l'extraction uniquement
  • MID (matelas immobilisateur à dépression) :
    • Ouvrir le robinet, répartir les billes, mettre en forme autour du corps, aspirer jusqu'à rigidité
    • Fermer, laisser en place jusqu'à l'hôpital
    • Méthode de référence pour l'immobilisation du polytraumatisé
  • Plan dur :
    • Technique de roulement à 3 secouristes : S1 tête, S2 épaules, S3 hanches/bassin
    • Poser le collier cervical, rembourrer, tourner en bloc, glisser le plan dur, retourner
    • Pour extraction et immobilisation en absence de MID
  • Brancard cuillère :
    • S1 commande, S2+S3 glissent les deux cuillères simultanément de chaque côté
    • Paumes des mains sous les cuisses de la victime
    • Vérifier l'encliquetage avant soulèvement
    • Poser les blocs de tête

Traumatisme thoracique

  • Position demi-assise ou assise selon confort
  • Dénuder le thorax pour l'examiner
  • O2 si besoin
  • Plaie thoracique : dispositif non occlusif (type pansement 3 côtés)
  • Ne pas retirer un CE planté dans le thorax sauf si RCP nécessaire

Traumatismes des membres

Fractures :

  • Immobiliser avec les articulations sus- et sous-jacentes
  • Appliquer du froid (< 20 min, linge interposé) si la peau est intacte
  • Fracture ouverte non hémorragique : pansement stérile
  • Fracture ouverte hémorragique : garrot d'abord, puis pansement
  • Ne jamais tenter de réduire une fracture visible (respecter la déformation)
  • CE visible dans une plaie : ne pas toucher sauf si garrot nécessaire en cas de saignement massif

Réalignement d'un membre (sur avis médical uniquement) :

  • Indiqué si fracture fermée avec signes neuro-vasculaires distaux (absence de pouls, extrémité froide/blanche)
  • Traction douce et progressive dans l'axe du membre
  • Interrompre si résistance ou douleur intolérable

Attelles d'immobilisation

Attelle à dépression :

  • 3 secouristes (sauf poignet/avant-bras : 2 secouristes possible)
  • Applications : coude, avant-bras, poignet, genou, jambe, cheville
  • Placer autour du membre sans déplacer, gonfler jusqu'à rigidité

Attelle modulable (Kramer / Aluform) :

  • 2–3 secouristes
  • Modeler selon la déformation existante, maintenir avec bandes

Attelle de traction (Donway) :

  • Médecin requis pour prescription
  • Indication : fracture fermée de la cuisse (fémur)
  • Traction sur 2/3 de la longueur de la jambe
  • Traction de 15 kg maximum

Écharpes

  • Écharpe simple : immobilisation main/poignet/avant-bras (avant-bras horizontal, coude à 90°)
  • Écharpe simple + contre-écharpe : immobilisation du bras (bloquer également l'épaule)
  • Écharpe oblique : immobilisation épaule, clavicule, omoplate

Traumatisme de la face et du cou

  • Risque d'OVA et d'hémorragie importante
  • Plaie du cou : pansement compressif doux, ne pas comprimer les deux carotides simultanément
  • CE dans l'œil : ne jamais retirer, couvrir les 2 yeux avec une compresse sans appuyer (fermer les deux yeux pour limiter les mouvements oculaires)
  • Fracture de la face : mettre la victime du côté de la fracture (drainage naturel)

Retrait du casque

  • À 2 secouristes (méthode de référence) :
    • S1 : maintien de la tête sous le casque (mâchoire inférieure et occiput)
    • S2 : ouvre la mentonnière, glisse les mains pour reprendre la tête
    • S1 : retire le casque en l'écartant latéralement et en le basculant vers l'arrière
    • S2 : maintient la tête pendant toute la manœuvre
  • En situation d'isolement (secouriste seul, uniquement si nécessaire pour la RCP) : méthode adaptée en minimisant les mouvements rachidiens

Application du froid

  • Indication : traumatismes fermés (entorses, contusions, hématomes, fractures fermées)
  • Durée : < 20 minutes
  • Interposer un linge entre la source de froid et la peau
  • CI : plaie ouverte, perte de connaissance

Pansement stérile SSA (Sachet Stérile avec Applicateur)

  • La face argentée (revêtement non adhérent) toujours en contact avec la plaie
  • Ne jamais toucher la partie en contact avec la plaie
  • Recouvrir avec une bande

Lot membre sectionné

  • Envelopper le membre dans un champ stérile
  • Placer dans un sac plastique hermétique
  • Mettre dans un sac isotherme avec de la glace
  • La glace ne doit pas être en contact direct avec le membre (pas de congélation)
  • Inscrire le nom de la victime et l'heure de l'accident
  • Transporter avec la victime vers le même établissement

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CHAPITRE 11 — SITUATIONS PARTICULIÈRES : ACEL

Définition

  • ACEL : Accident avec de nombreuses victimes — entre 10 et 100 victimes
  • Caractéristique principale : inadéquation temporaire entre les besoins médicaux et les moyens disponibles sur le terrain
  • Dès que les renforts arrivent et rééquilibrent la situation, l'ACEL cesse

Causes d'ACEL

  • Accidents de la circulation (routier, ferroviaire, aérien, maritime)
  • Incendies d'établissement recevant du public
  • Effondrements de structures
  • Accidents collectifs (fêtes, rave-parties, manifestations)
  • Actes terroristes (attentats, prises d'otages)
  • Catastrophes naturelles (tremblement de terre, inondation, tempête)
  • Catastrophes technologiques (explosion industrielle, accident nucléaire)
  • Accidents infectieux (épidémies, pandémies)

Caractéristiques

  • Nombreuses victimes réelles ou potentielles
  • Dégâts matériels souvent importants (impact sur les secours)
  • Inadéquation initiale des moyens → nécessité de priorisation
  • Organisation sur le plan ORSEC (Organisation de la Réponse de SEcurité Civile)

Principe d'action des premiers intervenants

  1. Reconnaissance rapide du site : évaluer l'ampleur, identifier les zones de danger
  2. Assurer la sécurité : propre, des victimes, des tiers
  3. Transmettre les informations immédiatement et demander des renforts (décrire : nature de l'accident, nombre approximatif de victimes, types de blessures, risques présents)
  4. Repérage des victimes (triage initial)
  5. Réaliser les gestes de secours les plus urgents (garrot, LVA, PLS)

Repérage des victimes (triage — 11FT01)

Indication : plusieurs victimes + nombre de victimes graves > nombre de secouristes disponibles

Justification : prioriser sans s'attarder sur une seule victime ; identifier celles qui peuvent bénéficier d'un soin immédiat

Matériel : fiches d'identification numérotées, bracelets colorés, dispositif de marquage, stylo si absence de matériel

Procédure :

  • Très rapide (quelques secondes par victime)
  • Aborder les victimes une par une en commençant par la plus proche
  • Critères simples et rapides :
    • Évaluation conscience → LVA si inconsciente → évaluer respiration (≤ 15 sec pour circulation et respiration)

Code couleur :

CouleurCritèresSignification
NOIRDécès certain (tête séparée, corps démembré, raideur cadavérique) OU inconscient + ne respire pas après LVADécédé ou survie impossible
ROUGEInconscient + respire après LVA OU hémorragie OU conscient avec détresse vitale (FR > 30/min, FC > 120/min chez adulte)Urgence absolue — soin immédiat
JAUNEConscient, pas de détresse vitale, ne peut pas se déplacer seulUrgence relative — soin différé
VERTPersonne exposée, pas de détresse vitale, peut se déplacer seule ou avec aideImpliqué indemne ou blessé léger
  • Après chaque victime : passer immédiatement à la suivante (ne pas rester sur une victime sauf geste vital ≤ 30 sec)
  • À la fin du repérage : compte rendu au commandement → gestes complémentaires selon consignes

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CHAPITRE 12 — INFORMATIONS GÉNÉRALES

Abréviations de référence

AbréviationSignification
ACArrêt cardiaque
ACTAttelle cervico-thoracique
AEVAccident d'exposition à un risque viral
AVCAccident vasculaire cérébral
COMonoxyde de carbone
CUMPCellule d'urgence médico-psychologique
DASRIDéchets d'activités de soins à risques infectieux
DAEDéfibrillateur automatisé externe
DEADéfibrillateur entièrement automatisé
DSADéfibrillateur semi-automatique
FCFréquence cardiaque
FFP2Masque de protection respiratoire individuel
FRFréquence respiratoire
LVALibération des voies aériennes
MIDMatelas immobilisateur à dépression
MINMort inattendue et inexpliquée du nourrisson
OVAObstruction des voies aériennes
PA / TAPression/Tension artérielle
PLSPosition latérale de sécurité
RCPRéanimation cardio-pulmonaire
SAISeringue auto-injectable
SpO2Saturation pulsée en oxygène
VAVoies aériennes
VHBVirus de l'hépatite B
VHCVirus de l'hépatite C
VIHVirus de l'immunodéficience humaine
O2(Di)oxygène
CO2Dioxyde de carbone

Définitions morphologiques (pour adaptation des gestes)

ProfilDéfinition pratique
AdulteMorphologie adulte — RCP adulte, posologie adulte
EnfantMorphologie enfant — peut tenir sur la cuisse du secouriste
NourrissonMorphologie nourrisson — peut tenir sur l'avant-bras du secouriste
Nouveau-néQuelques semaines de vie — peut tenir sur l'avant-bras du secouriste
Adapter systématiquement les gestes (compressions, défibrillation, aspiration, canule) au profil morphologique et non à l'âge déclaré.

Fiche réalisée à partir de l'intégralité du référentiel PSE1/PSE2 (4 parties — 12 chapitres). Toutes les procédures ont été reformulées.

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